Nul ne peut être tenue à l’écart des TIC !

Avec Guy, nous sommes intervenus au nom de la m@ison à l’université populaire de Lyon organisé par ATD quart monde. Soixante personnes étaient présentes, venues des quatre coins de la région Rhône Alpes. Toutes vivent des situations d’extrême précarité. A titre d’exemple un monsieur nous expliquait qu’à 50 ans il venait d’avoir son premier appartement et son premier travail fixe.

L’auditoire se retrouvaient pour la seconde fois autour du thème « les nouvelles technologies ». Entre ces deux séances les étudiants avaient travaillé en petit groupe pour décortiquer les différentes préoccupations et problématiques nées de l’émergence des TIC dans la vie quotidienne, dans leur vie quotidienne.

Les groupes ont présenté les uns derrières les autres le résultat de leur remue-méninge. Nous fûmes très impressionnés, Guy et moi, par la qualité du travail. Tout y était. En quelques heures ces personnes avaient, au regard de leur vie quotidienne, posé tous les enjeux des TIC aujourd’hui : formation, accès pour tous, accès au matériel, éducation des enfants, partage de savoir, de culture, atteinte à la vie privé, service en ligne. Non seulement toutes les problématiques y étaient mais également, en poursuivant le travail, toutes les réponses potentielles.
Avec Guy nous avons fait remarqué à l’auditoire, que même dans des rencontres professionnelles un tel niveau d’exigences et de résultats n’était que rarement atteint.

Je trouve l’initiative d’ATD quart monde remarquable à plus d’un titre. Elle démontre ainsi que quelque soit sa condition sociale chacun à le droit à la formation. Chacun a aussi les potentialités pour participer à une réflexion collective et qu’une fois de plus les situations vécues par les uns et les autres aussi difficiles soient-elles sont autant d’expérience de la vie, permettant d’enrichir les travaux collectifs.

Suite à cette soirée, je ne peux m’empêcher de penser à ces élus qui m’ont dit il n’y a pas encore si longtemps que les actions visant à permettre l’accès aux TIC pour les personnes les plus en difficulté n’étaient pas une priorité. Les témoignages que nous avons entendu lors de cette soirée démontrent tout le contraire. Permettre aux plus démunis d’y accéder évite un nouvel isolement social et une nouvelle barrière face à l’accès à un emploi. Ils ont tous souligné dans la soirée, combien il était difficile de trouver du travail si on ne maitrisait pas un minimum l’outil. Combien leur enfants ne se sentaient pas comme les autres parce qu’ils n’avaient pas d’ordinateur. Combien ils avaient autant de besoin que tout un chacun de conseil pour garder la maitrise du budget à consacrer aux technologies. Les élections municipales passées, cela doit interpeler toutes les équipes municipales sur les nécessaires missions de service public à mettre en œuvre pour permettre réellement l’accès pour tous aux tic.

La culture, la formation, l’accès aux choses de l’esprit sont tout aussi prioritaire que l’accès au logement, aux soins, à l’alimentation. C’est une question d’égalité, d’équité, de justice et de dignité.