Revaloriser la valeur métier !

Il est beaucoup question ces derniers mois de « revaloriser la valeur travail« . La définition du travail revêt multiples aspects Aborder la question en terme de « valeur travail » adjoint au sloggan « travailler plus pour gagner plus » apparaît extrêmement réductrice à la seule fonction économique du travail. La lecture du portrait Lionel Saint-Just, technicien à Eurocopter et meilleur ouvrier de France en chaudronnerie paru sur le site internet de la Ville de la Courneuve, ré-ouvre la porte d’une autre vision.

Il nous invite à re-découvrir d’autres valeurs du travail:

  • savoir-faire
  • partage et solidarité
  • respect d’autrui
  • création
  • goût de l’effort comme dépassement de ses limites

Dans une société ou le chômage est devenu endémique, la jeunesse est amenée à réfléchir à son avenir, non en terme de bien être au travail mais en fonction de ce qu’il peut rapporter écomiquement. S’il ne faut pas perdre de vue ce vieil adage populaire : » mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade », cela ne peut être la seule fonction fondamentale du travail. Confronter à cette question par mes enfants je n’évacue pas mais j’ai pris l’habitude de répondre que lorsque l’on fait bien son métier on est riche à plus d’un titre. Riche:

  • d’un savoir faire
  • de rencontre
  • d’être utile aux autres

Choisir un métier en fonction de ses goûts de ses aptitudes. Rien garantit que d’avoir « une bonne situation » nous permette de nous épanouir. Lionel Saint-Just souligne : « …je suis réellement en paix avec moi-même. J’ai acquis une certaine sagesse… ». Il faudrait donc que chacun puisse choisir son métier avant tout part goût, dans le cadre d’une démarche pédagogique qui remettent en avant les valeurs fondamentales du travail.

Mais il en est des métiers comme du reste, rien n’est fait aujourd’hui »hui pour garantir l’accès à tous à un métier que l’on choisi ! Tenir le discours aujourd’hui , comme j’aimerais en permanence le faire, qu’il convient de choisir un métier que l’on aime est une gageure !

Il n’y a pas de petite contribution. revaloriser le métier passe également par la sensibilisation. Ainsi lorsque je travaillais à Fontenay sous bois , nous avions engagé pendant toute une année, au sein du service de l’enfance, des animations autour du thémes des métiers et des hommes, afin de sensibiliser les enfants à tout ce qui entoure le métier.

Aujourd’hui même je rencontrais dans le cadre de mon travail, un groupe d’habitant d’une petite ville du Rhône, fortement marquée par les métiers des cheminots. Le débat a vite mise en avant les traditions de solidarités, de luttes, de respect de l’outil de production. Nous avons donc d’un commun accord lancé l’idée qu’un travail sur la mémoire du village pouvait permettre de remettre au moins au débat ces valeurs essentielles.

J’ai lu récemment un ouvrage de Gérard Mordilla intitulé Les vivants et les morts. Il montre de façon romancer le véritable choc culturel entre un monde attaché aux valeurs du métier, aux outils de production aux savoirs-faire ouvrier et le monde de la finance pour qui l’exercice d’une profession n’a aucune valeur face à un jeu boursier capable de brasser des millions d’euros en quelques minutes. D’un coté des hommes utiles aux autres à la société et de l’autre coté des hommes attaché à accumulé de l’argent. Travailler à revaloriser le métier participe sans doute à réhabiliter une société plus humaine.